Un brestois dans Brest

Je suis né a Brest, je souhaite donc mettre en ligne ce que j'ai compilé sur ma ville

23 avril 2006

Tonnerre de Brest

La célèbre expression du capitaine Haddock a fait le tour du monde, comme l'irascible compagnon de Tintin, le petit journaliste à la houpette créé par Hergé.

                           tintinhaddockv

A son origine, deux explications.

Certains parlent du coup de canon, chargé à blanc, qui résonnait chaque jour à 7 heures et à 19 heures, réglant, pendant trois siècles, la vie des Brestois. La cité vivait au rythme de l'arsenal et du port militaire qui abrita les escadres de vaisseaux partant pour la guerre de l'indépendance américaine. Les quais de la Penfeld et "le château" (forteresse gallo-romaine transformée par Vauban pour recevoir l'artillerie) témoignent de la grandeur passée et évoquent encore l'activité dont chateaubriand fut le témoin romantique, par un beau jour d'été de 1793.

          vauban Vauban     chateaubriand Chateaubriand

Mais le "Tonerre de Brest", c'est aussi, pour beaucoup, le coup de canon qui annonçait l'évasion d'un bagnard et donnait le signal d'une chasse à l'homme. Sombre bâtisse édifiée au milieu de XVIII ème siècle, sur la rive gauche de la Penfeld, dans l'enceinte du port, le bagne abrita quelque 70 000 condamnées aux travaux forcés. Le plus célèbre d'entre eux fut un certain François-Eugène Vidocq qui devint plus tard....chef de la police.

                    vidocq Vidocq

Les couples enchaînés hantaient l'arsenal et ses abords, et menaient leurs travaux jusqu'au coeur de la ville. A la couleur de leur bonnet, on pouvait repérer la durée de leur peine. En 1785, on était condamné au bagne à vie pour "s'être endormi étant en sentinelle, pour vol d'une vache en pâture pendant la nuit, pour vol de tronc dans une église, pour vie errante, vagabonde et scandaleuse", à 9 ans, pour "vol d'herbage dans les champs", à 6 ans pour "séduction de jeunes filles".

Les derniers forçats quittérent Brest en 1858 pour Cayenne, en guyanne, et le bagne fut détruit en 1947.

                         canon canon à l'entrée du château de Brest

Le "Tonnerre de Brest" s'est tu (sauf les jours de fêtes nationale), mais les chocolatiers en ont perpétué l'écho en baptisant de son nom l'une de leurs créations. Pour les bambins en balade, qui escaladent les canons en échappant à la nonchallante surveillance de leurs parents, les joues arrondies comme des boulets par la gourmande dégustation des confiseries brestoises, rien n'évoque plus, sur le cours d'Ajot, la terreur des hommes traqués. C'est en somme, une histoire de bruit et de fureur qui se termine un jour dans les parfums et les douceurs d'une histoire de chocolat .

Posté par Trader29 à 09:48 - Documents complémentaires - Permalien [#]